Un concours de CSO, cela se prépare. D'abord, il y a un travail progressif à la maison, puis, une fois sur le terrain, la reconnaissance du parcours à pied, la préparation minutieuse de ta monture et ce qu'on appelle, bizarrement à mon humble avis, la "détente" . Je dis bizarrement, parce que sur les terrains où je me suis rendu, je n'ai pas vu beaucoup de cavaliers, ni même de chevaux " détendus" à proprement parler.
" oui, mais te rends-tu compte, il y a les enjeux...", me disait-on . OK, mais il y a "enjeux" et " enjeux", et les terrains sur lesquels je me présentais étaient loin d'être ceux des championnats nationaux ou même régionaux, tout au plus un concours club....
Qu'on se prépare correctement à un concours me paraît la moindre des choses, mais qu'on perde tout sens commun et qu'on se transforme littéralement en " terreur des paddock" à l'approche de l'échéance, il y a des limites. Alors que la détente devrait permettre la concentration et le peaufinage de derniers réglages, ce moment se transforme trop souvent à mon goût en " n'importe quoi" !
Il y a bien les G.O. ( Gentil Organisateur), qui essayent de ne faire entrer sur le paddock que dix cavaliers au maximum et gèrent tant bien que mal les entrées et les sorties : " Le n°23 est attendu". " Il est pas près, z'ont cas attendre !" Ça en général, c'est le G.E. ( Gentil Entraîneur),à bout de nerfs parce que son poulain ( le cavalier, pas le cheval) est incapable de sauter correctement l'oxer de " détente", et en arrive presque à arracher les dents de sa monture à force de tirer sur les rênes. Ensuite, il y a les G.P. ( Gentils parents) , qui, accoudés à la lice et dans un état de surexcitation totale, invectivent leur fils ou leur fille chéri(e) qui a " intérêt à le réussir ce parcours, vu le prix qu'on a payé ce fichu cheval!". Enfin, il y a les cavaliers eux-même. Le teint blême ou, à l'inverse, rubicond ( c'est selon les tempéraments), ils mènent leurs chevaux à fond de train, criant juste " oxer!" ou " vertical!", trois foulées avant d'aller le sauter, sans se soucier de celui qui reste sur une volte depuis cinq minutes, à attendre que le terrain soit dégagé devant ledit obstacle !
Le tableau dressé te paraît trop noir? OK, c'est vrai, cette expérience je l'ai vécue il y a déjà quelque temps, et en me promenant récemment sur quelques terrains de concours, j'ai pu heureusement constater des améliorations. Cependant, comme sur la route où quelques " fous du volant" mettent en danger les autres automobilistes, je pense que les "fous des rênes" des paddocks devraient être sanctionnés. Le savoir-vivre en concours, ce n'est pas seulement saluer le jury, c'est aussi respecter ses concurrents, cavaliers et chevaux, et cela durant TOUT le concours.
( Cheval star n°201, cheval émotion)